L’environnement social : un écosystème

L’interaction, visible ou insoupçonnée, entre les êtres d’une même famille ou d’un même groupe social, est parfois immense. Les influences sont le plus souvent positives et bienveillantes, mais il existe aussi des relations toxiques. Il s’agit soit d’emprises volontairement dominatrices, prédatrices et délétères, soit d’une domination inconsciente de trop fortes personnalités qui écrasent ou asphyxie les personnes qui les admirent. Ce dernier schéma est assez courant dans les fratries ou dans la relation parent/enfant.

Ces phénomènes sont parfois vécus inconsciemment par les sujets qui en sont les victimes. Ils ne sont d’ailleurs souvent pas davantage identifiés par les personnes dominatrices qui projettent sur l’autre, lui font de l’ombre et parfois le manipulent ou l’instrumentalisent d’instinct, sans véritable intention. Et que de couples sont ainsi fondés sur un rapport de domination, conscient ou non, assumé ou non, car la domination est parfois consentie en raison de contreparties ou d’avantages supposés qui tiennent le sujet dominé sous le joug. La domination peut aussi être un jeu amoureux assumé qui a le mérite de faire mesurer aux participants les enjeux de la domination et les limites acceptables / cf. lien http://medi-therapie.com/domination-soumission/

En famille, le silence est souvent la règle. Ainsi, des enfants et de jeunes individus ont parfois le sentiment d’être niés, impuissants, asphyxiés, voire broyés au sein du groupe ou de la famille. Mais paradoxalement, plus le groupe les parasitent, plus ils sont tétanisés et incapables de lui échapper… et même de comprendre qu’ils existent par eux-mêmes et qu’ils pourraient trouver une meilleure reconnaissance et une meilleure place au sein de ces groupes… ou le cas échéant hors de ces groupes.

C’est ainsi, par exemple que des abus sexuels ont pu se perpétrer dans des institutions scolaires ou au sein d’entreprises, par exemple. Et de même manière que des incestes se commettent aussi dans les familles, sans que rien ne filtre à l’extérieur de ces crimes odieux.

Mais l’inceste n’est pas le seul crime familial. Que de vies sont également brisées par la souffrance au long cours – souvent muette – qui découle de l’absence d’écoute, de respect ou de reconnaissance des uns par les autres ! Que de blessures de la prime-enfance proviennent de tels traumas !

L’approche systémique des relations humaines consiste, pour le coach (ou parfois le médiateur si plusieurs personnes veulent bien s’accorder sur un tel processus), à inviter un (ou plusieurs) membre(s) d’un système social (famille, couple, entreprise etc.) à en mieux comprendre les rouages et interactions, en sorte de ne plus les vivre de manière subie, passive et parfois douloureuse.

Cinq siècles avant notre ère, Confucius disait déjà : « Le lien familial ou social, est à l’image des liens visibles et charnels qui unissent les membres et les cellules de notre organisme. Que ces liaisons viennent à être endommagées, la souffrance apparaît, les cellules se nécrosent et la gangrène menace. »

Ce philosophe et penseur chinois exerça une puissante influence sur la culture chinoise et sur son histoire même. Cependant, alors que l’astrologie chinoise place l’individu au sein d’un système purement astral et méconnaît l’existence des « astres domestiques » qui pèsent sur notre destin, l’astrologie fondamentale (ou africaine), tente de répondre, en ces termes, à la question des interactions invisibles : « Dis-moi qui te hante (qui tu fréquentes), je te dirai qui tu es… ». L’astrologie fondamentale africaine a d’ailleurs pour principe que les astres qui influencent notre vie ne se nomment pas Jupiter, Mars ou Vénus, mais sont en fait des astres domestiques. Ces « astres », qui rayonnement dans notre ciel, ne sont autres que parents, famille, conjoint, patron, collègues ou amis… / cf. lien http://medi-therapie.com/approches-type-systemique/


Suite : Arbitrer entre des injonctions contradictoires