Lutter contre le sentiment global d’exclusion

Au-delà des litiges interpersonnels évoqués au chapitre médiation, il existe une rupture du lien ou une absence de lien encore plus tragique, déstructurante, et douloureuse, celle d’une rupture du sujet coaché avec son environnement dans sa globalité.

Ce sentiment de coupure avec ses parents, son cercle social, l’école, la fac ou le monde du travail est souvent lié à un sentiment de manque d’estime de soi ou de confiance en soi. Le sujet ressent alors un sentiment global d’exclusion.

Ce sentiment d’exclusion ou de rupture avec son environnement est souvent accompagné d’une perte de repères. C’est-à-dire par d’une rupture avec ses croyances structurantes, d’un divorce entre son hémisphère cérébral gauche (raison, règles, projet, langage… ) et son hémisphère cérébral droit (conscience de l’instant présent, instinct, intuition, émotions, créativité, plaisir sensuel…) / voir aussi article « Des injonctions contradictoires ».

L’individu ainsi éparpillé ou « en vrac » connait alors une crise d’identité et survit parfois en proie à une perte d’estime de lui-même. Il traverse aussi souvent une crise identitaire qui résulte de son incapacité à faire le tri entre les injonctions de ce qu’il croit être la raison, la morale, les attentes sociale et ses propres émotions et surtout recoller les morceaux de sa personnalité éparse, étirée entre ce qu’il croit (ou croyait) être, ce qu’il croit que les autres pensent de lui (à travers l’image qu’ils lui renvoient), ce qu’il voit de son incapacité à entrer en communication avec eux et/ou à s’en faire entendre et/ou ce qu’il pense qu’on dit de lui…

Dans une telle crise identitaire et sociale, reconnecter le sujet coaché à lui-même, rassembler les morceaux éparpillés par ses doutes et ses contradictions et le réconcilier avec son environnement est un enjeu de coaching personnel majeur.

En l’espèce, l’approche est bien sûr systémique mais le lien à restaurer n’est pas seulement entre lui-même et des personnes clairement identifiables et les enjeux de cette restauration du lien ne sont pas (ou pas que) matériels et/ou factuels.

L’œuvre du coach est alors d’écouter, de tenter de comprendre les représentions du sujet en perte de repères et d’identifier ses souffrances imputables à la rupture de liens avec des personnes, des institutions ou des croyances. Mais pour que des liens existent, il faut deux protagonistes. Et le sujet qui se sent disqualifié dans la relation n’est pas prêt à tenter de rétablir des liens. La réconciliation de l’individu ainsi en souffrance ne pourra ainsi commencer que lorsque celui-ci aura recouvré un minimum d’estime de lui-même et de cohérence interne.

Dans ce contexte, le coaching personnel, c’est une œuvre de réparation du lien entre un individu perturbé (en souffrance, en échec, en manque d’estime de lui-même et de reconnaissance) et lui-même. Ceci passe par la découverte ou redécouverte des ressorts de la légèreté, du plaisir, du plaisir de construire des liens et des projets qui lui redonneront enthousiasme, confiance en lui-même et en l’autre, motivation et estime de lui-même.

Ce genre de coaching s’apparente à ce qu’on pourrait appeler thérapie. Une telle prise en charge est parfois de longue haleine, elle consiste à faire confiance en l’instinct de survie, l’instinct tout court et la résilience du sujet coaché, combinés à l’intuition du coach qui part à tâtons pour explorer là où ça fait mal, mais aussi là où il subsiste de l’intérêt, de l’énergie vitale, de la joie, de l’espoir chez le sujet coaché.


Suite : L’environnement social, un écosystème