Accords a minima pour l’entrée en médiation / Protocole

La démarche du médiateur est longue et empreinte d’une grande humilité, car le médiateur n’a aucun pouvoir de juger les faits ni les personnes, même s’il est courant que chacun tente de le prendre à témoin pour faire pression sur l’autre. Il n’a pas non plus vocation à proposer des solutions ni des pistes d’accord et encore moins de tenter d’influencer ou de raisonner les parties ou de décider pour elles.

La seule mission du médiateur et son seul pouvoir, c’est de s’assurer que chaque partie a entendu ce que disait l’autre, de s’assurer que chaque partie est capable de comprendre la vérité ou le storytelling de l’autre (même si elle ne le partage pas) et, si possible, que chaque partie a compris le raisonnement de l’autre, son désir profond, ses besoins essentiels, son mode d’emploi. Et ce sans porter de jugement sur l’autre.

Le médiateur s’attache ainsi à permettre à chacun d’identifier et comprendre ses propres besoins (conscients ou inconscients) et ceux de l’autre, dans une démarche commune de respect et de bienveillance, condition sine qua non pour être entendu et respecté à son tour… et surtout pour ouvrir une fenêtre d’espoir à la médiation consentie.

De manière symétrique, le médiateur s’assure que chaque partie à identifié ses propres besoins, croyances, aspiration et besoins vitaux et qu’il a su les exprimer et les faire entendre de l’autre.

Le cadre de la médiation est défini entre les parties lors de la première séance, même s’il est souvent alors prématuré de prévoir sa durée.

Le médiateur présente l’esprit de son intervention de facilitateur et non de juge, tel que décrit plus haut. Le médiateur résume ainsi ce que doit être sa posture et ce que les parties doivent attendre de lui, en indiquant qu’il est censé aider à l’accouchement de mini accords successifs qui servirons souvent de base à un accord final global, sans pour autant en avoir la paternité, puis il s’assure de l’accord des parties sur les points suivants :

– Qu’elles ont entendu et acté les limites de l’autorité ou du pouvoir du médiateur… qui n’est en fait légitimé dans sa démarche que du fait qu’il n’a ni autorité ni pouvoir ;

– Que les parties entrent dans la démarche de médiation en toute liberté et sans contraintes, car elles sont toutes deux désireuses de trouver, au terme du processus, une meilleure manière de vivre la cohabitation (ou au contraire de faciliter la séparation, si la médiation ne devait pas aboutir à un désir de reprendre une cohabitation harmonieuse) ;

– Qu’elles s’engagent à écouter l’autre et à tenter de déployer presque autant d’énergie et d’empressement à le comprendre, qu’à se faire comprendre de lui ou du médiateur ;

– Qu’elles sont prêtes à partager entre elles et avec le médiateur tous les points de désaccord, mais aussi tous les points d’accord.

Nota : Les médiés sont généralement surpris par ce dernier point. « Si on était d’accord, on ne viendrait pas vous voir ! » déclarent-ils souvent. Or, on trouve la plupart du temps des points d’accord insoupçonnés ou oubliés.

Quelques exemples de questions à poser pour fonder la démarche de médiation sur un minimum de consensus :

– « Etes-vous d’accord pour tenter une médiation dans le conflit qui vous oppose et à vous asseoir autour de cette même table, autant de fois et tout le temps nécessaire pour trouver des solutions à votre conflit ou à défaut une manière de vous séparer la moins douloureuse possible, juste et digne ? »

– « Concernant les objectifs de la démarche de médiation que vous engagez aujourd’hui : restauration d’une bonne entente et d’une vie commune ou au contraire séparation dans des conditions humaines et matérielles justes et acceptables, êtes-vous d’accord ? »

– « Au début de votre relation, y avait-il de l’amour entre vous ? » ;

– « Souffrez-vous du litige qui vous oppose et aimeriez-vous y mettre un terme ? »

– « Cet enjeu justifie-t-il que vous fassiez des efforts pour comprendre ce qui s’est cassé entre vous ? »

– « En tenez-vous l’autre pour principale responsable? »

– « Pensez-vous que des personnes extérieures à votre couple puissent être blessées ou impactées par votre conflit ? Est-ce sans importance pour vous ? »

– « Etes-vous indifférent(e)s à ce que votre entourage, votre famille et/ou vos enfants pensent de vous ou soucieux de l’image que vous donnerez si aucune solution négociée n’émerge de votre conflit ? ».

Les parties répondront sans doute oui à un grand nombre des questions qui précèdent. On peut d’ailleurs imaginer d’autres questions du même type qui n’ont pour but que de montrer aux parties qu’on va travailler sur un sujet sérieux, qu’il convient de ne pas prendre la médiation à la légère ; ce qui suppose, pour chaque partie, de renoncer aux effets de manches, aux intimidations, aux invectives stériles qui n’ont pour finalité que de gagner du temps ou de tenter d’intimider la partie adverse… et souvent compromettre les chances de la médiation.

Enfin, la médiation de couple est multiforme. Car chaque cas est particulier, même si, le médiateur d’expérience voit souvent des situations se reproduire dans l’économie de rupture.

Ainsi, la démarche de Spring est-elle souple et libre et la durée du protocole est-elle variable, de quelques séances, à plusieurs mois. Dans certains cas des séances d’une ou plusieurs demi-journées peuvent être organisées.

Au cours de ces séances, les habitudes, les attitudes, les réflexes des deux parties sont étudiés et commentés. L’approche de Spring est fondée sur l’interaction et la communication.

Important : Il est nécessaire que les deux parties en présence ne suspectent aucune alliance ou collusion objective entre médiateur et l’autre partie. Ainsi, un débat strictement contradictoire, en présence des deux parties, tout au long du protocole est-il idéal. Cependant, il arrive que l’une d’elles préfère s’exprimer hors la présence de l’autre. Si cette dernière n’y voit pas d’inconvénient, il est parfois possible que des séances ou portions de séance se déroulent « en aparté ». L’exigence ultime d’une telle médiation est cependant que chaque partie parvienne à une meilleure compréhension de la perception ou de la « représentation du réel » de l’autre partie ; la médiation doit donc être conclue par au moins une séance commune.


Les problématiques particulières liées à la thérapie de couples ou à la sexologie sont abordées ci-après / cf. Revenir au sommaire du blog de Philippe Lamy, puis cliquez sur Thérapie de couple ou Sexologie.